La SACD engagée dans l’égalité hommes/femmes

« Nul ne peut aujourd’hui se réjouir de la place qui est accordée aux femmes dans la culture » écrit Pascal Rogard, directeur général de la SACD dans un rapport en janvier dernier, sur la place des femmes parmi les auteur (e)s de sa société. Comme d’autres institutions culturelles, la SACD s’est engagée pour plus d’égalité, et publie régulièrement des rapports afin de rendre compte de la situation des femmes.

« La SACD c’est sa responsabilité, se doit d’accompagner ce mouvement » indique Pascal Rogard, en évoquant la création par le ministère de la culture d’un observatoire de l’égalité. En 2012, la SACD décide elle, de publier une étude sur la répartition femmes/hommes chez les auteurs. Premier constat : il y a seulement 3 femmes sur 10 auteurs à la SACD, soit 8 096 auteures et 19 312 auteurs. Comme le nombre de metteuses en scènes, de directrices de théâtres, ou de chefs d’orchestres, le nombre d’auteures est faible dans le domaine de la culture. Et les choses ont peu évolué, malgré les invitations à la parité ces dernières années. L’étude révèle qu’en douze ans, le pourcentage d’auteures a augmenté seulement de 4 points, passant de 24% à 28% en 2012. Peu de progrès également quant à la rémunération : entre 1997 et 2008, les femmes sont toujours 87% à percevoir moins de 6000 euros et seulement 1% de plus à toucher plus de 50 000 euros.

Les auteurs de la SACD sont d’abord admis en tant qu’adhérant. En fonction de leur activité, ils peuvent accéder au grade de sociétaire adjoint, puis à celui de sociétaire au sein de la SACD. On constate là encore que, plus le grade augmente, moins les femmes sont présentes. En 2012, 22% de femmes étaient sociétaires,  contre 78% d’hommes. La société des auteurs et compositeurs dramatiques a ainsi pu déterminer avec ses chiffres, le profil type de l’auteure SACD : celle-ci est parisienne à 44%, et elle a entre 40 et 50 ans. Cependant, la jeune génération d’auteures commence à se rattraper. Les moins de 30 ans représentent 35% des femmes contre 25% chez plus de 60 ans.

Dans le secteur de l’audiovisuel, là encore, la représentation des femmes auteurs à la SACD est minoritaire : 27%, soit 2 818 femmes contre 7 800 hommes. Toutefois, le revenu moyen des contributions féminines dans ce domaine, est quasiment identique à celui des contributions masculines. Mais plus largement, dans l’audiovisuel public, la direction des antennes reste aux hommes comme le montre l’étude SACD. La direction de France Télévision est composée à 83% d’hommes, quant à celle de Radio France, il n’y a aucune femme.

INFOG - Mathilde

Crédit: Mathilde Blin

Une diffusion minoritaire des œuvres cinématographiques féminines

Pour les auteures de film, le constat est établi une nouvelle fois en mai 2013 dernier lors d’un débat organisé par la SACD en présence de la ministre du droit des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, à propos de la place des femmes dans l’audiovisuel. De nombreuses études ont été menées pour définir la place exacte à la télévision française des films réalisés par les femmes, celle du CSA et du CNC dresse un constat affligeant. Selon cette étude, qui se focalise sur la période 2011-2012 et sur l’ensemble du paysage hertzien : « En 2012, moins de 10% de l’ensemble des diffusions de films concernaient des films réalisés ou coréalisés par des femmes ». Un chiffre qui concerne tant bien les films français, que les films étrangers. Au total, on compte 466 diffusions de films de femme sur un total de 4 895 pour cette même année. Une marge énorme par rapport à la production masculine qui l’emporte très largement avec une diffusion de l’ordre de 90,5%. Ces chiffres sont d’autant plus fragrants qu’ils sont récoltés sur chacune des chaines, et que seulement deux d’entre elles (Canal + et Arte) proposent parmi leurs programme au moins 10% de films réalisés ou coréalisés par des femmes. La part de diffusion est de 13,5% chez Canal + et 11,2% chez Arte, tandis que quelle n’est que de 4% chez France 3.

En plus d’être faiblement représentée, les œuvres cinématographiques féminines ne bénéficient pas d’horaires de diffusion qui pourraient leur permettre de larges audiences. Les films ou documentaires ne sont que très rarement programmés en case prime time : « la diffusion de leurs œuvres intervient « majoritairement en journée et après minuit » toujours selon l’analyse du CSA/CNC. 72% des films réalisés par les femmes sont diffusés hors soirée. Un indice qui une fois de plus ne favorise pas la place de la création féminine au sein de l’audiovisuel. Aujourd’hui le retard doit être rattrapé et le fossé qui s’est creusé entre la place de la production féminine et masculine dans l’audiovisuel doit être réduit. L’analyse de l’évolution de la diffusion des œuvres cinématographique féminines depuis les années 1990 réalisés par le Centre National du Cinéma et de l’image animée ainsi que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel laisse entrevoir une amélioration, même si cette dernière reste très faible.

 Mathilde Blin et Elise Saint-Jullian

 

 

 

 

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