Arrivée de Netflix en France : les autorités françaises sur le qui-vive

Netflix, l’opérateur américain de streaming espère bien s’implanter en France.  Une aubaine pour les cinéphiles et autres ‘sérievores’. Les autorités françaises, elles, sont sur les dents. Elles craignent que le géant américain contourne la législation française.

 Netflix, une révolution des modes de consommation

Netflix voit le jour en 1997. Il s’agit alors d’un service de location de DVD (films et séries télévisées) par correspondance. Netflix livrait les DVD via la Poste et les abonnés recevaient le Graal dans une enveloppe rouge. En 1999, l’abonnement devient illimité. Très vite, ce sont des millions de DVD qui sont envoyés chaque jour à travers le territoire américain. A la fin des années 2000, grâce au web et après quelques signes d’essoufflement, la success story se poursuit.

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Netflix propose une nouvelle offre où les clients ont la possibilité de visionner les films et séries directement depuis une plateforme sur le web, moyennant un abonnement de 7,99 dollars par mois, soit environ 6 euros. Un abonnement qui offre un accès illimité au streaming vidéo sur le site. Le catalogue de Netflix a d’ailleurs de quoi faire saliver : pas moins de 11 000 références sont proposées aux Etats-Unis, excepté les programmes des chaînes HBO (Game of ThronesTrue detective) et Starz. Une petite révolution pour les sérievores qui ne sont plus soumis à la programmation des chaînes. Finie l’attente insoutenable ente deux épisodes de sa série favorite, le téléspectateur est libre et peut s’adonner à des marathons dignes de 24 heures chrono.

Conquérir la France, une étape complexe et semée d’embûches

Netflix va se heurter à une difficulté de taille : la chronologie des médias française qui impose un délai de trois ans entre la sortie d’un film au cinéma et sa diffusion sur une plateforme de vidéo à la demande. Objectif  : favoriser l’exploitation des films en salle. Un délai qui devrait passer à dix-huit mois suite aux recommandations du rapport Lescure sur la politique culturelle à l’ère des contenus numériques. Il s’agit de lutter contre le piratage, mais aussi de permettre aux prestataires de service français de développer leur service de vidéo à la demande avant de se faire damner le pion par les américains comme Netflix.

Autre point d’achoppement, la création française. Pour s’installer en France, Netflix doit respecter la législation française et soutenir le cinéma. Netflix ne pourra donc s’implanter chez nous et commercialiser des abonnements sans soutenir la création cinématographique et l’exception culturelle française, comme le font les chaînes de télévision et les plateformes web. C’est là que le bât blesse. En effet, le siège européen de Netflix est basé au Luxembourg. La firme américaine pourrait donc aisément échapper à notre législation et les obligations qui lui incombent. « Ils peuvent contourner notre législation, en s’installant au Luxembourg et en appliquant la directive télévision sans frontière, qui prévoit qu’on applique les règles du pays d’origine et non du pays de destination. Et donc ils pourraient effectivement en droit passer et être reçus sur le territoire français à partir du Luxembourg », nous explique le directeur général de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD), Pascal Rogard.

Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, est montée au front. « S’il veut s’installer ici, Netflix doit se plier aux régulations qui font le succès de nos industries, notamment en matière de financement de la création. C’est une condition sine qua non pour préserver notre écosystème unique » a-t-elle déclaré dans les colonnes du JDD.

Canal + sur la brèche 

Par ailleurs, Netflix en produisant ses propres séries télévisées comme House of Cards, Orange is the new black pourrait faire de l’ombre à Canal + sur son terrain de prédilection : les séries télé. Pour parer à cette éventualité, la chaîne cryptée à lancer en 2011 sa plateforme de vidéo à la demande, CanalPlay pour la modique somme de 6,99 euros par mois. Mais le catalogue de films proposés est loin d’égaler celui de Netflix. Une autre chaîne a également vu le jour, Canal Plus séries qui diffuse plusieurs séries américaines très prisées, dont les fameuses Dexter, Homeland ou encore Game of Thrones parfois vingt-quatre heures seulement après leur diffusion aux Etats-Unis. Seul bémol : Canal Plus séries n’est disponible que pour les abonnés du tout Canal + qui déboursent 25 euros par mois. Quoiqu’il en soit la bataille pour l’offre légale de séries s’annonce rude. D’autant plus que Netflix dispose de deux milliards de dollars par an pour acheter de nouveaux contenus audiovisuels.

 Pour Pascal Rogard, la situation est à relativiser. « Netflix et Canal + n’ont pas le même type de programmes, Canal+ mise sur le premium en diffusant des films très récents. Sur les films de cinéma pour le moment, il n’y a pas de concurrence, Netflix mise plutôt sur les films anciens. » De plus, il estime que le véritable problème pour Canal + n’est pas celui qu’on croit : « Entre la concurrence de Beinsport et la remise en jeu du championnat qui a été faite de manière précipitée, il y a plus de dangers pour le moment du côté du football, que de celui des programmes de cinéma ou de télévision pour Canal +. »

 Pauline Thuillot

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